Et un, et deux, et la boule à zéro ?

« Avec les cheveux courts, tu vas gagner un temps fou, tu sais ! »

Gain de temps, gain de temps… 20 minutes à me tordre le cou devant le miroir et à essayer de me donner une contenance. Dire que j’ai un épi serait minimaliste, ma tête est un champ de blé. C’est qu’en plus, il faut l’apprivoiser celle qui me regarde dans le reflet ! Depuis mes sept ans, mes cheveux longs font parti de ma quête d’existence alors si jolie soit-elle cette coupe, elle est compliquée à associer à mon identité !

Flash-back.

Après l’annonce du diagnostic, rendez-vous avec l’hématologue. Au milieu de moult choses, elle annonce : « il va falloir couper vos cheveux ». Je le savais, bien sûr que je le savais. J’ai feint, minimisé cet impact, vanté l’aérodynamisme que je gagnerai en course à pied mais l’air de rien je n’aurais pas cru que ce soit autant marquant. De le vivre, j’entends.

Je crois que d’avoir organisé ces coups de ciseaux en chemin balisé m’a aidé. Je conseille d’ailleurs à ceux concernés d’y aller par étape et en douceur, de s’entourer de la bienveillance d’un coiffeur qu’on aime et en qui on a confiance. Et puis d’immortaliser en photo et de le partager ! Oui, parce que les cheveux, c’est aussi notre image et donc l’amorce de la discussion avec les autres, cette maladie, on ne peut plus vraiment la cacher. Pour ma part, mes défunts centimètres capillaires ont eu un effet boule de neige et m’ont permis d’annoncer mon petit souci de santé à mon entourage professionnel et amical, plus ou moins lointain.

Pour en revenir à la pratique, s’il faut couper ses cheveux, c’est parce que l’un des produits de la chimiothérapie les fait tomber. Vilain.

Le moyen de prévention s’appelle le casque réfrigérant. Que lumière soit faite ! Il ressemble plutôt à un bon vieux casque de rugbyman (ou bonnet phrygien) (de couleur criarde, c’est préférable) qui a passé sa nuit au congélateur, que l’on vous pose sur cheveux mouillés à l’eau froide surmontés d’une petite charlotte bien maintenue par un garrot noué sur le front. Alors, on est pas bien là ?

S’il s’apparente à une méthode moyenâgeuse, il est en fait ingénieux ! L’idée est de limiter la diffusion du produit dans les petits capillaires en provoquant une vasoconstriction grâce au froid. Il faut le porter une petite heure. Donc même s’il nous ridiculise et torture les migraineux, on peut en rire et il gagne à être essayer.

Après deux séances de chimiothérapie, mes cheveux sont encore là. Ils tiennent bons eux-aussi. J’en perds des dizaines à chaque shampoing mais rien d’alarmant pour le moment, qui sait ensuite ?

Quoi qu’il en soit, cette coupe de cheveux aura eu un effet libérateur sur moi.

Peut-être parce qu’elle m’a aidé à sortir de mes représentations.
Peut-être parce qu’elle m’a permis de comprendre que la beauté, ce n’était pas que ça.
Peut-être parce que Mulan s’est coupée les cheveux pour partir à la guerre.
Peut-être parce que mon père m’a appelé Madame.
Peut-être parce qu’on m’a dit que j’étais jolie et que ça faisait longtemps.

Finalement, ce n’est pas si grave, on peut s’aimer en toute circonstance. Comme ceux qui vous aiment vraiment, indépendamment de la longueur de vos cheveux !

Donc : AIMEZ-VOUS, vous le valez bien 😉

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2 commentaires sur “Et un, et deux, et la boule à zéro ?

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