YOGA 2019-2020

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« Des petites emmerdes faire naître des jolies choses. »

Petite, j’ai voulu faire tous les métiers du monde : éleveuse de chèvres, sauveteur de haute-montagne, nageuse professionnelle, puis famille d’accueil, ou écrivaine, traductrice, ou encore sage-femme, psychologue, exploratrice… Aujourd’hui toujours petite, mais en un peu plus grande, je comprends qu’une constante a toujours guidé ma vie : celle de la rencontre. Avec les autres, avec leurs histoires, avec les éléments, avec le monde qui nous entoure. J’aime penser que je voulais être une tisseuse de liens à ma façon.

Le champion du lien, celui qui lie le corps, le mental et l’âme s’appelle yoga. Je l’ai regardé grandir en moi, il y a quelques temps quand une montagne russe a secoué toutes mes cellules habituées pourtant aux longues routes, aux vagues et aux virages, testant ma résistance, mon endurance et mes croyances. Il fût un allié de taille face au lymphome dans mon combat pour la guérison.

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Formée ensuite par Layla Philip, fondatrice des Studios The Yogi In Me à Montpellier lors d’un YTT 200h, j’enseigne aujourd’hui le Yoga Vinyasa, enchaînement de postures, conjonction de force et souplesse, renforcements et étirements, à travers une pratique dynamique, libre et créative, au rythme du souffle, vers la relaxation.

Véritable outil de soin et fabuleuse plume pour mieux nous écrire, le yoga s’adresse à tous, grands et petits, parents et enfants, soignants et soignés.

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Vingt-et-un par deux, c’est l’espace qui s’est créé en moi quand la vie m’a rappelé sa fragilité, sa puissance et sa beauté.

Vingt-et-un par deux, c’est le chemin qui fût le mien, entre résilience et connexion.

Vingt-et-un par deux, c’est désormais un désir de partage, d’union et de transmission.

Je m’appelle Aurélie, j’écris mes humeurs ici et je vous invite à partager nos plus belles ondes et nos tapis.

 

 

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Cours collectifs   –   Cours individuels   –   Evènements   

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Revenir

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Cela fait presque un an. Un an, sans écrire ici, sans poser des mots. Un an de mutation, de transformation.

J’avais créé cet espace pour parler de ma maladie, de mes traitements, de mes avancées dans ce combat.

Le combat passé, terminé, je ne savais plus trop comment venir ici parler.

Et pourtant il s’est passé tellement de choses. Il y avait tellement de choses à écrire. De créations sans mots dire.

Entre autres, la formation de Yoga Teacher Training, le Maroc, le mouvement, le silence, les si belles rencontres, l’éloignement de l’hôpital, les remous du système de santé, l’installation dans la maison, l’accueil de moult petites vies à poils et à plumes, les vagues et le soleil, le souffle du vent et les montagnes, les petits aléas de santé des autres, les grands départs, les belles arrivées…

La vie en somme.

J’ai eu de la chance.

Mon cancer n’était pas si grave, je le répète, pris à temps, dans le bon environnement. Puis j’ai choisi de voir le verre à moitié plein, tourné les statistiques à mon avantage. J’étais guérie avant même ma 4ème vague de chimio, la suite, les rayons, c’étaient pour les petites petites petites infimes broutilles, celles qu’on ne voit pas à l’oeil nu.

Mais s’il est une chose que j’ai compris au cours de ces mois, c’est qu’on ne plaisante pas avec l’infinitésimale.

En mal comme en bien, tout commence par un bruissement d’aile de papillon.

Ici, j’aimerai revenir écrire, parce que c’était pour guérir, mais aussi pour crever des abcès, pour vous parler, et parfois juste pour le plaisir. C’était poser des mots sur des pensées, les dessiner, les matérialiser, les tarabiscoter, les RaymondQueneauter, jouer avec des musicalités.

Alors je reviens, c’est tout.

Comme ça, pour rien.

Avec mes humeurs en bout-à-bout.

Aurélie-signature

 

La SaintéLyon pour résilience.

Courir pour trouver sa route. Courir pour gravir des montagnes.

Dans quelques jours, je prendrai le départ de cette aventure mythique.

La SaintéLyon, est une course qui rejoint Saint-Etienne à Lyon, par des chemins divers et variés, avec de jolies montées/descentes et des portions plus roulantes. Le tout de nuit, à la lueur des frontales de 7500 coureurs. Départ 23h30 pour 81km (bonus offensif cette année, pour la 65eme édition).

Ce que ça donnera, je n’en sais rien, je m’y prépare depuis des mois, avec des hauts et des bas, essayant d’associer mes projets en cours à ma vie professionnelle pas vraiment reposante, mes désirs à ma fatigue, mes envies au rythme de mon corps et de mon souffle.

Ce que ça donnera, je n’en sais rien, vraiment, et au fond, ce n’est pas si important.

Si je franchis la ligne d’arrivée, ce sera une victoire suffisante. Celle du corps capable de repousser ses limites, de tenir, de vivre une expérience.
Si j’abandonne, ça en sera une également. Celle de la connexion, car si j’en arrive à cela, c’est que mon corps me l’aura demandé et que j’aurais su l’écouter. Pour l’ancienne tenace capable d’aller à la bêtise que je suis, ce sera incroyable.

Alors vraiment, je n’ai pas d’attente autre que celle de vivre cette nuit là pleinement.

Mon intention sera surement la joie car d’avance je sais que je vais rire beaucoup (autant que je vais pleurer peut-être) et que je serais bien entourée, par ma famille, mon homme, mon père, ma soeur, son homme (et oh oh ce sera le bonheur), ainsi que des pensées encourageantes de ma Maman qui sera au travail (les soignants, force et honneur), de mon groupe d’athlé du CA Balma qui a su si bien me motiver, m’encourager et bataille activement pour que la vie associative ait encore du sens, de mon coach aussi, bien sûr (téméraire moustachu), d’RRUN-Toulouse qui aura eu la générosité de m’équiper, de tous ceux qui m’ont dit que j’étais folle, de ma diététicienne Tiffany aussi qui a su m’aider à retrouver goût à un carburant adapté, des belles personnes que j’ai rencontré récemment et qui m’ont aidé à entrer en résonance avec moi-même, de mes amis, de mes grands-parents.

Franchement, me sentir bercée de tout cet amour me comble.

Enfin, je courrais avec une énorme pensée pour tout ceux qui se battent actuellement contre un lymphome, en particulier le lymphome de Hodgkin, qui touchent de plus en plus de jeunes comme moi. Je m’associe donc à la cause de France Lymphome Espoir (qui a eu la belle idée d’appeler récemment son outil de recherche Orély… la boucle est bouclée, je vous dis), association de malades visant à informer et soutenir la lutte contre ces cancers.

Courage les gars, je prends le départ et m’engage à vous montrer qu’on peut se relever de tout ça et s’élever encore un peu plus grâce à ces épreuves. Croyez en vous. Vous êtes forts.

Nous sommes tous si forts… bien plus qu’on ne s’autorise à l’imaginer.

 

A cet homme du feu rouge

A cet homme du feu rouge, j’aurais aimé lui dire tellement de choses.
L’inviter dans un café, qu’on se pose, qu’on échange, qu’on discute.

A cet homme du feu rouge, j’aurais aimé lui dire qu’il existe des mauvaises conduites bien plus graves que mon coup d’œil à l’heure qu’indiquait mon téléphone alors que je rétrogradais ma vitesse.

A ce motard moustachu, comprimé dans son casque et aussi rouge que le tricolore, j’aurais aimé lui dire que l’attitude moralisatrice et l’époque pan-pan-cul-cul étaient révolues. Que ma petite incivilité ne valait pas la sienne, que son « grosse connasse » il pouvait se le garder voire en faire ce qu’il voulait, bien plus si cela l’excitait. Que cette bataille d’ego n’en valait pas la peine.

Il fut un temps où je me serais sentie traversée, percutée de plein fouet, me serais retrouvée fautive, mauvaise élève, prise en flagrant délit. Mais entre temps, j’ai grandi. Par curiosité quand même, j’aurais aimé lui demandé s’il en aurait fait de même si un Y se cachait dans mes gènes.

A cet homme qui m’a craché sa violence en pleine face, son tutoiement, ses obscénités, j’ai renvoyé un léger sourire. Bien sûr cela n’a dû qu’attiser sa haine, sa colère, sa démesure. Il y a peut-être lu de l’arrogance, ce n’était pourtant que du détachement. Cette posture d’observation de ta propre situation, qui te permet de voir que celui que tu as en face de toi, probablement meurtri par sa propre histoire, se défoule de manière disproportionnée sur ta poire, à défaut de pouvoir le faire ailleurs et se place en justicier pour mieux se rassurer.

A cet homme qui, en regardant les sièges auto à l’arrière de ma voiture, a souhaité à mes enfants (fictifs), mon homme et mon frère (fictif aussi) de « crever dans un accident de voiture à cause d’un téléphone », j’ai intérieurement murmuré que la vie m’avait déjà suffisamment touchée et la route fait déjà suffisamment de dégâts dans mon entourage.

Et à la vie qui m’a testée aujourd’hui, je dis « eh meuf, je viens de passer une semaine avec Layla, je n’ai pas essoré l’éponge à ce point pour la laisser se remplir de ce venin ».

Et tu vois, en vrai, je me confie à toi qui me lit là, je n’ai même plus envie d’inviter ce mec dans un café pour qu’on discute de sa façon d’être, des petites morts qu’il peut provoquer par ses mots, car les mots sont d’une puissance inouïe, non non, je n’ai plus envie de perdre ce précieux temps à me battre pour devenir une sauveuse des âmes perdues, des mecs énervés parce qu’ils sont tristes, qui deviennent des connards par excès de puissance, non non, j’aimerais simplement lui dire qu’on est tous responsables de ce que l’on est et libre de choisir celui que l’on veut être.

Se sentir vivant.

Suis je juste en vie ?

Est ce que j’oeuvre pour le bien-être, le bonheur et le mieux vivre ou juste pour le fait de vivre ? Notre société a t-elle besoin que les choses soient juste faites ou se porterait-elle mieux si on essayait de bien les faire ?

Tout cela tourne dans ma tête depuis des mois et je sais que je ne suis pas la seule.

On voit des initiatives pleines de sens, un retour à la terre avec une envie de prendre le temps de prendre soin de la nature, des animaux, des humains, de soi aussi.

Etant dans le soin, je m’interroge sur notre désir de bien faire tout de même. On me demande de faire le plus d’actes possibles, dans cet hôpital devenu entreprise mais la notion de profit me paraît tellement incompatible avec mon aspiration qualitative que je suis en perpétuel conflit intérieur. On me demande de faire vite, optionnellement bien quand même (sous peine de finir en prison) mais sans me donner les éléments les plus important : le temps et les autres. Mais pardon, je digresse déjà, je m’égare, j’étale ici mes appréhensions à retourner dans mon service puisque ma rentrée sonne à mon tour. Je ferme la parenthèse.

Comprendre ainsi la différence fondamentale entre le « être vivant » et « se sentir vivant », c’est comprendre le luxe que c’est que de pouvoir se poser ces questions là. Puis par mécanisme de sublimation, puisque j’ai la chance d’y avoir accès, je vais aider les autres à y avoir accès à leur tour.

Partager cette notion-là est devenu mon leitmotiv.

A tel point que j’entame une formation de l’enseignement du yoga dans les semaines qui viennent. Parce que cette discipline a été une des amorces à la connexion entre mon corps et mon esprit et m’a intimement permis de me sentir davantage vivante que je ne l’étais. Je vous propose de vous raconter cela au fur et à mesure, si cela vous intéresse.

L’essence de la vie humaine est là et j’en suis convaincue, sinon pourquoi tant d’émotions et de ressentis, de mécanismes neuronaux entre notre cerveau et tous les éléments de notre organisme ?

Chaque jour en me levant, le seul objectif qui tienne serait de provoquer cela : une situation où je me sentirai vivante. Et chaque soir en me couchant, me remémorer ah oui là, je me suis sentie vivante.

Qu’importe le moment le plus approprié pour vous, qu’importe la façon de se le formuler, c’est sans pression ni obligation cette histoire, certains n’ont d’ailleurs pas à se le mentaliser.

Aujourd’hui, ça aura été d’écrire cet article, hier c’était l’entrainement avec les partenaires du club, demain ce sera peut-être ma séance de yoga ou le goût de ce que je me serais préparé à manger. Je cherche, je tâtonne, mais je provoque des situations qui me permettent de ressentir, parfois puissamment, parfois doucement et c’est très bien aussi, que je suis en vie. Non pas seulement. Plutôt me permet de ressentir comme je suis en vie. Ainsi, tout prend sens.

Et vous ? Quels sont vos pépites, vos explosions, vos poudres, vos détails qui vous font vous sentir vivants ? Je suis curieuse de vous lire,

 

Les routines

Comme tous les enfants, qu’ils soient petits ou plus grands, j’ai besoin de routines. Matinales ou du soir, elles font de moi quelqu’un d’un tantinet psychorigide sur le sujet peut-être mais il est des périodes où prendre un raccourci, sauter une étape ou une ligne peut faire basculer ma journée, y mettre un filtre moins nuancé, réduire la palette colorimétrique ou me rendre colérique.

Elles me structurent et stimulent ma créativité. Elles m’apaisent et me sécurisent.
Quelles qu’elles soient, je les aime.
Surtout celles des premières heures.

Ce qui est drôle c’est qu’en construisant ma cabane d’adulte, avec des murs en bois qui résistent au Grand Méchant Loup, je me faisais la réflexion que plus les murs se montaient, plus le contour se dessinait, plus l’intérieur se délimitait, mieux je visualisais le champ des possibles, l’espace à ma disposition et plus je me sentais libre. De décorer, d’aménager, de m’épanouir. Notion qui m’évoquait fortement la contenance que je mets en oeuvre dans mon domaine d’exercice professionnel, et aussi le rôle du cadre et des routines. Je disais drôle au début du paragraphe car cette impression, je n’étais pas la seule à l’avoir eu (ou peut-être est-elle entrée dans mon esprit de manière implicite au point de me faire croire que l’idée émergeait de moi ? c’est possible, car je crois que tout nous façonne et finalement peu de choses sortent à 100% de notre imagination).

En fouillant un peu dans les internet, je suis tombée sur le travail d’un psychiatre nord-américain Mr Rudolf Dreikus, qui dit notamment :

« Les routines quotidiennes sont pour les enfants ce que les murs sont à une maison, elles leur donnent des frontières et la dimension de la vie. Aucun enfant n’est à l’aise face à une situation qu’il ne connait pas. La routine lui donne une sensation de sécurité. Les habitudes bien établies leur donnent un sentiment d’ordre, duquel naît la liberté. »

Etant donc tous susceptibles d’être pris de régression, de mutation vers Peter Pan ou de moment d’immaturité émotionnelle, que ce soit dans le rapport à l’Autre, à la nourriture, à une vague d’angoisse ou quelque autre altération de l’humeur, nous sommes tous un peu concernés. Et la routine peut avoir valeur de refuge, de réassurance personnelle, de valorisation aussi, avec le petit sentiment de maîtrise sur le quotidien qu’elle apporte. Un boost de confiance en soi ne fait jamais de mal (en général).

Attention qu’on ne se trompe pas cependant, une routine chez moi peut changer tous les 15 jours, on ne se refait pas. Girouette un jour, girouette toujours !

Pour revenir à l’analogie, comme la place des meubles de la maison, la couleur des murs ou les plantations du jardin tout autour, la routine n’est pas immuable, malgré ses constances, elle s’adapte au contexte.

Il y a celles des vacances. Du réveil avant les autres, de la joie de préparer la table pour tout le monde avec la baguette de pain encore chaude tout juste sortie du four du boulanger.
Il y a celles des lendemains de soirées. Avec l’indispensable mise en route au café serré, les brioches aux pépites de chocolat, et le débrief’ du qui se rappelle où j’étais à 02h du mat’ et du qui a fini avec qui (comment ça dans son lit ?) ou comment (« tout ça ne nous… »)…
Il y a celles des soirs d’été. Avec le décapsuleur, le soleil en couleur crépuscule et les olives.
Il y a celles des retours à la maison des parents. Avec les souvenirs qui surgissent, les mêmes gestes d’avant, la brosse à dent posée là où elle était déjà il y a 20 ans, le craquement en descendant l’escalier, ouvrir les volets, préparer les bols de lait, le thé ou le café. Et les câlins au fur et à mesure des réveils de chacun.
Il y celles des grands-parents. Avec le journal de la région, les petits soldats, les bols qui cette fois nous attendent déjà (et depuis l’aube je crois).

Pendant mon arrêt maladie et après les traitements, au quotidien, chez moi, ça ressemblait un peu à ça : lever très tôt-eau froide sur les pommettes-huile pour se masser un peu-eau chaude au citron-saluer mon ami le soleil et plus si affinités-prendre un miam-o-fruits au petit déjeuner-écrire-balader mon chien-finir de me préparer-et enfin démarrer la journée.

Oui, en gros c’était ça tous les jours à quelques variables près. Selon la fatigue, ma journée pouvait même s’arrêter là et c’était très bien comme ça. J’avais accompli quelque chose, aussi anodin que ce soit. Ma routine me servait à ça.

Désormais, le travail ayant repris, il a fallu tâtonner, la trouver, la retrouver, la modifier un peu, la changer selon les horaires infirmières, mais en se stabilisant, elle conserve son côté doudou rassurant.

Oui, cet article est une ode aux routines. Et à la paradoxale si rassurante liberté qu’elles entraînent avec elles. Puisqu’en suite, dans le cadre fermé bichonné, la chrysalide s’ouvre et tout est possible.

Et vous ? Quelles sont vos petites routines, vos plaisirs du matin ? Dites moi, partagez nous, je suis curieuse de tout ❤

Je vous embrasse,

Aurélie.