La SaintéLyon pour résilience.

Courir pour trouver sa route. Courir pour gravir des montagnes.

Dans quelques jours, je prendrai le départ de cette aventure mythique.

La SaintéLyon, est une course qui rejoint Saint-Etienne à Lyon, par des chemins divers et variés, avec de jolies montées/descentes et des portions plus roulantes. Le tout de nuit, à la lueur des frontales de 7500 coureurs. Départ 23h30 pour 81km (bonus offensif cette année, pour la 65eme édition).

Ce que ça donnera, je n’en sais rien, je m’y prépare depuis des mois, avec des hauts et des bas, essayant d’associer mes projets en cours à ma vie professionnelle pas vraiment reposante, mes désirs à ma fatigue, mes envies au rythme de mon corps et de mon souffle.

Ce que ça donnera, je n’en sais rien, vraiment, et au fond, ce n’est pas si important.

Si je franchis la ligne d’arrivée, ce sera une victoire suffisante. Celle du corps capable de repousser ses limites, de tenir, de vivre une expérience.
Si j’abandonne, ça en sera une également. Celle de la connexion, car si j’en arrive à cela, c’est que mon corps me l’aura demandé et que j’aurais su l’écouter. Pour l’ancienne tenace capable d’aller à la bêtise que je suis, ce sera incroyable.

Alors vraiment, je n’ai pas d’attente autre que celle de vivre cette nuit là pleinement.

Mon intention sera surement la joie car d’avance je sais que je vais rire beaucoup (autant que je vais pleurer peut-être) et que je serais bien entourée, par ma famille, mon homme, mon père, ma soeur, son homme (et oh oh ce sera le bonheur), ainsi que des pensées encourageantes de ma Maman qui sera au travail (les soignants, force et honneur), de mon groupe d’athlé du CA Balma qui a su si bien me motiver, m’encourager et bataille activement pour que la vie associative ait encore du sens, de mon coach aussi, bien sûr (téméraire moustachu), d’RRUN-Toulouse qui aura eu la générosité de m’équiper, de tous ceux qui m’ont dit que j’étais folle, de ma diététicienne Tiffany aussi qui a su m’aider à retrouver goût à un carburant adapté, des belles personnes que j’ai rencontré récemment et qui m’ont aidé à entrer en résonance avec moi-même, de mes amis, de mes grands-parents.

Franchement, me sentir bercée de tout cet amour me comble.

Enfin, je courrais avec une énorme pensée pour tout ceux qui se battent actuellement contre un lymphome, en particulier le lymphome de Hodgkin, qui touchent de plus en plus de jeunes comme moi. Je m’associe donc à la cause de France Lymphome Espoir (qui a eu la belle idée d’appeler récemment son outil de recherche Orély… la boucle est bouclée, je vous dis), association de malades visant à informer et soutenir la lutte contre ces cancers.

Courage les gars, je prends le départ et m’engage à vous montrer qu’on peut se relever de tout ça et s’élever encore un peu plus grâce à ces épreuves. Croyez en vous. Vous êtes forts.

Nous sommes tous si forts… bien plus qu’on ne s’autorise à l’imaginer.

 

A cet homme du feu rouge

A cet homme du feu rouge, j’aurais aimé lui dire tellement de choses.
L’inviter dans un café, qu’on se pose, qu’on échange, qu’on discute.

A cet homme du feu rouge, j’aurais aimé lui dire qu’il existe des mauvaises conduites bien plus graves que mon coup d’œil à l’heure qu’indiquait mon téléphone alors que je rétrogradais ma vitesse.

A ce motard moustachu, comprimé dans son casque et aussi rouge que le tricolore, j’aurais aimé lui dire que l’attitude moralisatrice et l’époque pan-pan-cul-cul étaient révolues. Que ma petite incivilité ne valait pas la sienne, que son « grosse connasse » il pouvait se le garder voire en faire ce qu’il voulait, bien plus si cela l’excitait. Que cette bataille d’ego n’en valait pas la peine.

Il fut un temps où je me serais sentie traversée, percutée de plein fouet, me serais retrouvée fautive, mauvaise élève, prise en flagrant délit. Mais entre temps, j’ai grandi. Par curiosité quand même, j’aurais aimé lui demandé s’il en aurait fait de même si un Y se cachait dans mes gènes.

A cet homme qui m’a craché sa violence en pleine face, son tutoiement, ses obscénités, j’ai renvoyé un léger sourire. Bien sûr cela n’a dû qu’attiser sa haine, sa colère, sa démesure. Il y a peut-être lu de l’arrogance, ce n’était pourtant que du détachement. Cette posture d’observation de ta propre situation, qui te permet de voir que celui que tu as en face de toi, probablement meurtri par sa propre histoire, se défoule de manière disproportionnée sur ta poire, à défaut de pouvoir le faire ailleurs et se place en justicier pour mieux se rassurer.

A cet homme qui, en regardant les sièges auto à l’arrière de ma voiture, a souhaité à mes enfants (fictifs), mon homme et mon frère (fictif aussi) de « crever dans un accident de voiture à cause d’un téléphone », j’ai intérieurement murmuré que la vie m’avait déjà suffisamment touchée et la route fait déjà suffisamment de dégâts dans mon entourage.

Et à la vie qui m’a testée aujourd’hui, je dis « eh meuf, je viens de passer une semaine avec Layla, je n’ai pas essoré l’éponge à ce point pour la laisser se remplir de ce venin ».

Et tu vois, en vrai, je me confie à toi qui me lit là, je n’ai même plus envie d’inviter ce mec dans un café pour qu’on discute de sa façon d’être, des petites morts qu’il peut provoquer par ses mots, car les mots sont d’une puissance inouïe, non non, je n’ai plus envie de perdre ce précieux temps à me battre pour devenir une sauveuse des âmes perdues, des mecs énervés parce qu’ils sont tristes, qui deviennent des connards par excès de puissance, non non, j’aimerais simplement lui dire qu’on est tous responsables de ce que l’on est et libre de choisir celui que l’on veut être.